mardi 21 avril 2009

"Viens chez moi, j'habite chez une copine"












Quand on est jeune et sans le sou, le moyen le plus économique de vivre dans un appartement digne de ce nom est de choisir l'option colocation. Au lieu de devoir se contenter d'un petit studio hors de prix, on peut envisager la vie en communauté qui permet de payer un loyer moins onéreux et de partager les charges (gaz, électricité, eau,...).

Débarquer à l'étranger pour un an dans un pays dont on ne connaît pas la langue pousse encore plus à choisir l'option coloc'. D'autant plus, que chaque étudiant erasmus français ne peut s'empêcher d'avoir en tête le film de Cédric Klapish "L'auberge espagnole". La coloc' semble être le meilleur moyen de profiter au maximum de son année, de rencontrer des jeunes venus de toute l'Europe et même du monde entier.

C'est en constatant la montée en puissance de ce phénomène que les sites internet proposant des logements en colocation se sont multipliés. Ainsi, on a d'abord vu se développer des sites de petites annonces comme Craigslist. Avec plus de 30 millions de nouvelles annonces chaque mois, Craigslist a largement atteint son objectif et permet ainsi à de nombreux étudiants de trouver un logement bon marché, en colocation, dans la ville du monde de leur choix. D'autres réseaux de petites annonces ont notamment vu le jour grâce à facebook.
C'est ainsi que la plupart d'entre nous ont trouvé leur logement en début d'année. Pour certains l'expérience a été fort probante et sera réitérée dans les années futures. Mais pour d'autres, la vie en coloc' avec des personnes quasiment inconnues s'est révélée être moins évidente que ce qu'il semblait...

A travers un questionnaire distribué à une vingtaine d'étudiants de l'université Galatasaray, nous avons cherché à récolter les témoignages de cette expérience et quelques anecdotes bien choisies...


Sur les 20 personnes recensées , une seule seulement a déclaré ne pas vivre en colocation. Après enquête, on arrive facilement à quelques généralités sur la vie en colocation à Istanbul. Il importe tout d'abord de rappeler que les étudiants Erasmus reçus à l'université Galatasaray sont français et s'ils ne le sont pas, ils sont malgré tout tous francophones. Ainsi, la plupart des étudiants que nous avons le plaisir de rencontrer cettte année sont en majorité turcs ou français. C'est pourquoi les colocs d'étudiants de Galatasaray se composent essentiellement de turcs ou de français. Certains ont préféré la sécurité en choisissant des colocataires qu'ils fréquentaient déjà avant cette année et d'autres ont préféré se lancer dans l'expérience de la vie en communauté avec de parfaits inconnus. Et selon les cas, ça passe ou ça casse. Après maintenant plus de 8 mois de colocation, beaucoup semblent avoir appris de cette expérience.

La colocation résulte avant tout de la volonté de ne pas vivre seule. Pour la plupart des étudiants interrogés, elle doit se faire dans le respect de l'autre. Les qualités nécessaires à un bon colocataire sont la générosité, la patience, la tolérance et la solidarité. Certains insistent sur des qualités plus personnelles comme l'idée que le bon colocataire doit également être un bon cuisinier et doit également avoir un certain sens de l'humour et surtout, il doit être une personne en qui on peut avoir une confiance totale.

Mais avant tout, la qualité indispensable à tout colocataire est la souplesse. Pour un psycho-rigide, il serait impossible d'envisager l'option coloc. Car la colocation, malgré tous les avantages qu'elle présente, est aussi synonyme de chaos. Et oui, comme l'ont montré les questionnaires, aucune règle ne semble être imposée dans les colocations. et c'est bien souvent un foutoir monstre qui y règne. Comme le dit un enquêté "on gère, c'est le bordel jusqu'à ce que quelqu'un se décide à ranger; mais rien n'est imposé". "Pas de règle: quand c'est sale, on lave". A coup sûr, un maniaque ne pourrait envisager de vivre en colocation dans de telles conditions.
Et ce foutoir qui règne dans les colocs est souvent le fruit de disputes qui semblent se régler par l'intermédiaire du questionnaire distribué. "c'est tout le temps moi qui me charge des tâches ménagères", "ce sont toujours les mêmes qui s'y collent".

La coloc ne semble pas générer uniquement de la joie et de la bonne humeur chez les enquêtés. C'est aussi une épreuve. Il faut savoir s'adapter mais aussi parler avec ses colocataires des éventuels problèmes. Et ça ne semble pas foncièrement évident du fait de la barrière linguistique, mais aussi du fait que les personnes que l'on choisit comme colocataires au début de l'année ne sont pas forcément des personnes avec qui on développe des atomes crochus. Beaucoup d'étudiants ont très vite déchanté et ont vu s'envoler la belle image de la coloc heureuse telle qu'on la voit dans "l'auberge espagnole". Ainsi de nombreux étudiants ont déménagé dès la fin du premier semestre pour tenter l'expérience avec de nouvelles personnes plus flexibles et surtout plus présentes.

Ces problèmes d'entente avec les colocataires proviennent souvent des raisons pour lesquelles les uns et les autres décident de vivre en colocation. Certains ne voient dans la colocation qu'un moyen de faire des économies, de partager le coût de la vie stambouliote qui, pour un étudiant, n'est pas toujours facile à assumer. D'autres considèrent bien sûr cet aspect économique, mais cherchent avant tout à créer un véritable lien avec leurs colocataires. "Avec mes colocs, je cherche avant tout à partager des bons moments". Malgré cette envie, beaucoup déplorent le manque d'activités entre colocs. Les repas se font rarement en commun.

En bref, ce qu'on retiendra de la colocation, c'est que c'est avant tout un gros atout économique pour les étudiants flambeurs que nous sommes. C'est aussi une expérience riche en aventures et rebondissements divers. Ce sont aussi des coups de gueule, mais ça reste indissociable de l'année Erasmus. Et quand on demande aux étudiants s'il compte reconduire l'expérience de la vie en communauté, la réponse est unanime et c'est un grand oui.

vendredi 3 avril 2009

Yemek à Istanbul

Quand on arrive en Turquie, on pense se nourrir exclusivement de kebabs et de loukoums. Bien heureusement, la réalité est légèrement différente. Même si on trouve des vendeurs de kebabs à tous les coins, ce n'est bien sûr pas le seul plat que la gastronomie turque offre à ses visiteurs.

Un des points importants de la cuisine turque, c'est la grande utilisation des légumes. Un plat de viande sera généralement accompagné d'une petite salade à base de tomates, roquette et persil. Avec la qualité des légumes en Turquie, il aurait été vraiment dommage de ne pas en profiter. En effet, pas possible de traverser une rue (à Ortaköy surtout) sans tomber sur un primeur qui propose à toutes saisons des fruits et légumes magnifiques à l'oeil, mais aussi délicieux au palet. Ainsi, nous avons eu le plaisir de déguster des fraises dès le mois de décembre. On se régale également avec des tomates à la chair bien rouge et des poires sucrées et juteuses...

Malheureusement, la cuisine turque, aussi délicieuse qu'elle soit, ne propose pas une grande variété de plats. Les restaurants, et ce dans tous les quartiers d'Istanbul, sont toujours très nombreux mais ne proposent pas foncièrement des plats différents les uns des autres. On retrouve donc la plupart du temps les plats traditionnels locaux comme:

les brochettes d'agneau ou de poulet
les boulettes de viande cuisinées et épicées de différentes manières selon leur région d'origine (Urfa, Adana)
le kanat (pilons de poulet)
l'iskender à base d'agneau coupé en fines lamelles et accompagnéde sauce tomate et yaourt
les manti, de délicieuses faces farcies à l'agneau accompagné encore une fois de yaourt
les pide et lahmacun, sorte de pizzas traditionnels locales
et mon préféré : le kahvalti tabagi (petit déjeuner turc) qui mérite à lui tout seul un article entier.

Tous ces plats sont généralement accompagnés d'une tomate, d'un piment, de riz ou de blé et de pain. Petit conseil : boire un Ayran (boisson au yaourt dissout dans de l'eau) pour relever le plat.















AFYET OLSUN!

Ou manger?
A Ortaköy :
- Kırciceği un restaurant chic et pas trop cher
- Chez Mahmut pour ses mains noires et son kanat (pilons de poulet cuits a la broche)
- Mantı Evı pour manger des pâtes farcies a l'agneau
- L'Epope pour une vue imprenable sur le Bosphore et l'Asie
- Chez Murat parce que c'est pas cher
- Dürümce, Yeye dürüm

A Beşiktaş :
- chez Faruk pour prendre un petit déjeuner pas cher les lendemains de soirée
- chez Tikinti pour une cuisine qui change de la cuisine turque traditionnelle

A Taksim :
- Cilek pasajı pour deguster du delicieux poisson pollue du Bosphore accompagne de mezze et de rakı
- Nevizade pour le charme de la rue et le poisson pollué
- Urban, à ôté du lycée Galatasaray pour un repas orignial sous la tonnelle
- ... a completer





jeudi 2 avril 2009

Heureux les pauvres d'esprit, le royaume des cieux leur appartient....


Et oui, Erasmus à Istanbul c'est bien beau. La vie y est bien plus qu'agréable, on s'y sent bien comme à la maison, mais finalement il ne faut pas oublier ce qu'est la Turquie.

Quand on s'intéresse un peu aux événements qui s'y déroulent en ce moment, on se rend vite compte que c'est un pays qui doit encore évoluer pour devenir un pays véritablement démocratique mais aussi laïc.

Ainsi, la semaine dernière, le système politique turc a encore prouvé ses limites et ses incohérences.

Le 29 mars 2009, ont eu lieu les élections municipales dans toutes les villes de Turquie. Alors que le parti social-démocrate (CHP) semblait prendre l'avantage sur le parti au pouvoir (AKP), de suspectes coupures d'électricité (d'environ une heure) ont malencontreusement empêché les électeurs de suivre l'évolution des votes pendant plus d'une heure (notamment dans certains quartiers d'Istanbul et d'Ankara). Ainsi l'AKP a réussi à reconquérir la majorité de ses fiefs faisant passer la Turquie pour un pays moderne à tendance légèrement islamiste.

Par ailleurs, un élément que l'on oublie trop souvent, c'est qu'un tiers du territoire turc et en guerre. La partie kurde du territoire reste un endroit instable où les combats vont bon train et où des enfants d'origine kurde sont condamnés pour avoir lancer des pierres sur des policiers ou soldats.

Les bars, les cafés, le Bosphore et l'hospilaté des Turcs font le charme d'Istanbul, mais dès qu'on commence à s'intéresser au fonctionnement politique du pays, on perçoit un autre aspect de la Turquie qu'il est nécessaire et important de prendre en considération.

mercredi 14 janvier 2009

Ortaköy


Ortaköy signifie littéralement le village du milieu. c'est dans ce quartier que j'ai le plaisir de vivre. Il fait partie du district de Besiktas (bien connu pour le football).

A Ortaköy, on trouve très facilement tout ce dont on a besoin. Il est tout à fait possible de ne vivre que dans ce quartier. On y trouve à la fois de nombreux petits commerces, des primeurs proposant des fraises au mois de décembre à des prix défiant toutes concurrence.

Ortaköy est un endroit essentiellement composé de petites rues piétonnes pavées. On y trouve la rue des antiquaires, dans laquelle on peut facilement re-meubler nos appartements. Ortaköy, c'est aussi l'une des places les plus animées d'Istanbul (du moins, parmi celles que j'ai la chance de connaître). Toute une panoplie de restaurants ont pris place ici, tous très peu chers et vraiment délicieux. Il y a également un grand nombre de bars dansants ou de cafés à shishas avec des vues imprenables sur le Bosphore et la Mosquée Blanche. Cette dernière est d'ailleurs l'un des atouts charme de ce quartier. Chaque week-end, la flânerie autour de la Mosquée Blanche est de rigueur. Ce sont des stands de souvenirs, de vêtements mais aussi de bouquinistes qui s'y installent et donnent alors à Ortaköy toute sa prestance.

Enfin, Ortaköy fait également figure de symbole dans la mesure où, c'est ici qu'a été construit le premier pont reliant l'Europe et l'Asie...


Un conseil, courrez vite découvrir Ortaköy, vous ne voudrez plus repartir...




Que faire a Ortaköy?

- prendre une bière au Geneviz
- boire un Oregon chai a la terrasse du premier étage du Gloria Jeans
- flâner le week end dans les rues piétonnes vers la Mosquée Blanche
- prendre le bateau derrière la Mosquée pour une petite croisière sur le Bosphore
-s'acheter une bière, des pépites et déguster le tout en regardant le pont du Bosphore scintiller dans la nuit
- se baigner dans le Bosphore des qu'il fait suffisamment sombre pour ne plus y voir les bans de meduses
- manger une waffle en s'en mettant partout
- lire un livre au soleil a cote des petits papys qui discutent entre eux
- aller au Sheerwood pour devoiler ses talents vocaux
- pique-niquer au parc Yıldız
- monter a la terrasse du café X pour fumer le narguilé en admirant la Mosquée Blanche et l'Asie




lundi 5 janvier 2009

Mus, le père de tous les Turcs


S'il y a une chose que l'on respecte plus que tout en Turquie, c'est bien Atatürk. Dès mon arrivée, une des premières questions que m'ont posé mes nouveaux amis turcs fût : "est-ce que tu connais Atatürk?". Gloire à mon professeur d'histoire du lycée qui nous rabâchait plus que régulièrement l'importance de ce personnage et le rôle qu'il avait joué dans l'histoire de la Turquie.

Mustafa Kemal était promis à un avenir brillant déjà rien que par son nom "Kemal" qui signifie "parfait" en français. C'est grâce à lui que la Turquie est devenue une république moderne et laïque, s'inspirant du modèle européen et surtout français. C'est notamment grâce à Ata que le port du voile a été interdit en Turquie et que les femmes ont pu bénéficier (bien avant les françaises) du droit de vote.

La vie de Mus a pris fin en 1938, mais il est toujours présent dans le cœur de tous les Turcs. Aucune blague ou aucun comportement remettant en cause le caractère exceptionnel de cet homme ne sauraient être tolérés. Petite anecdote : les murs d'une grande avenue de Besşktaş abritent des portrait de cet homme, l'une l'immortalisant en maillot de bain. Forcement, cette image a fait sourire des français un peu éméchés dans un taxi . Il a suffit d'un gloussement pour que le conducteur du taxi les fasse descendre immédiatement!

Il est, pour chaque turc, un modèle de droiture et de réussite. Preuve de son rôle toujours plus prégnant au sein de la société turque : la commémoration en souvenir de sa mort chaque 10 novembre à 9h05. L'espace d'un instant, la vie de tous les habitants de Turquie s'arrête. Ils deviennent des sortes de pantins n'ayant qu'une seule pensée en tête : Ata et son combat pour faire de la Turquie ce qu'elle est aujourd'hui. On en reste sans voix.



samedi 3 janvier 2009

Viens danser!


S'il y a une chose qu'on sait faire à Istanbul, c'est la fête. Pour les soirées, tout se passe à Taksim, lieu de rendez-vous de toute la jeunesse stambouliote. Dans ce quartier, dénué de toute habitation, on ne trouve que des bars.

Il y en a pour tous les genres, du simple bar à bière au bar pour travestis en passant par les bars à shots et les bars dansants.

La vie nocturne à Istanbul est tout simplement à couper le souffle. Les rues de Taksim grouillent de monde jusqu'à 5heures du matin. Tous les passants, souvent bien arrosés, se parlent (la plupart du temps dans la joie), on parle de tout et de rien. On entend les chants de supporters des équipes locales clamés en cœur.

Ou sortir?

-L'incontournable Ritim Roof pour ses clients venus de tous horizons et les shots offerts par le boss
-L'Araf pour la musique
-Le synergie bar pour le synergıe menu, plateau de 5 shots pour 15 TL
-Küçük Beyoğlu pour sa terrasse sympa
-Le Lime pour les groupes de musiques
-Le Melek pour l'ambiance
-Le Naya pour une bonne soirée reggae
-Le Çiço pour les amateurs d'Efes a moitie prix
-Le Vertigo pour une soirée bien arrosée
-L'Üçnokta pour sa vue imprenable sur la Corne d'Or
-Le Sheerwood pour un bon vieux karaoke

Adresses exactes très vite ...

dimanche 19 octobre 2008

Le nationalisme turc




laissons parler les images...